23 juin 2006

Géoportail : une inauguration en catimini !


Déclaration du syndicat CGT OM IGN

Ce vendredi 23 juin 2006 est le jour de l’inauguration du Géoportail. Celle-ci aura lieu à midi à l’Hôtel de Roquelaure, Boulevard St-Germain au siège du MTETM. Trois ministres feront le déplacement : Perben, ministre du MTETM, Olin, ministre de l’Ecologie et Cope, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement. Et il parait que le Président de la République prendra part à cette inauguration depuis le palais de l’Elysée, le mulot sous la main !

On est loin d’une inauguration en fanfare avec chapiteau, champagne et invitation à tous les personnels ! Les agents ne seront pas à la fête : tout se fera à l’abri des murs épais du ministère. Vu le délai de transmission des invitations aux représentants du personnel (la veille pour le lendemain), on peut se demander si les ministres n’ont pas une peur certaine des personnels. La réponse est OUI.

On ne peut avoir de fierté à supprimer 19.000 emplois dans la Fonction publique au budget 2007 (19.000 suppressions pour 4000 créations d’emploi dans la Police soit un solde net de 15.000 suppressions d’emploi).

Le ministre du MTETM ne peut qu’avoir honte à annoncer 1300 suppressions d’emploi au budget 2007 du MTETM après les milliers de cette année et des précédentes.

Alors que la DG de l’IGN investit beaucoup d’espoir dans la réalisation de ce projet, alors que les personnels ont été fortement sollicités pour le lancement du portail, il apparaît clairement que ce Géoportail n’est pas celui de l’IGN : le maître d’ouvrage est la DGME (Direction Générale de la Modernisation de l’Etat). C'est-à-dire l’organisme chargé de diriger le remodelage libéral de l’Etat, pour privatiser, faire cadeau au privé, supprimer les emplois publics, transférer les charges aux collectivités locales.

L’IGN n’est qu’un des maîtres d’œuvre ! Mais cela n’interdit pas certains de penser à faire du Géoportail une arme de destruction massive d’emplois dans l’IGN.

Dans le contexte actuel, certains veulent en faire le vecteur de la suppression des emplois dans la Direction commerciale, aussi bien pour les marchés grand public que professionnel : une recette pour supprimer les agences et les emplois avec les coups de cliquettes des commandes du e-commerce !

Certains pensent aussi à faire faire la mise à jour du RGE en direct au détriment des agents de production de l’IGN. Mais après cela, comment assurer la qualité des données ?

La CGT n’est pas opposée à la modernisation des outils, par contre elle est opposée à la régression sociale. Celle-ci s’incarne dans la volonté gouvernementale de supprimer coûte que coûte le maximum d’emplois publics, de privatiser et d’offrir au privé le maximum d’activités qui, jusqu’à présent, rentraient dans le cadre des missions publiques, de baisser les salaires :
- cf. l’attaque dont les fonctionnaires administratifs de l’IGN sont l’objet sur la NBI,
- cf. l’externalisation et le recours systématique à la sous-traitance pour les activités support et sur la production même de l’information géographique,
- cf. l’extension du décret dérogatoire pour le recrutement de contractuels CDI au détriment des emplois statutaires de fonctionnaires ou d’ouvriers.

Les représentants CGT OM du personnel, tant au CA qu’au CTP, n’iront pas à cette inauguration faite par des gens dont les intentions et les actes sont de saper les services publics, de casser l’emploi public et de faire cadeau au privé des missions.

La CGT OM appelle les agents à la mobilisation :
- pour refuser le bradage du patrimoine immobilier de l’établissement au profit des spéculateurs immobiliers ;
- pour refuser la baisse des rémunérations de toutes les catégories d’agents ;
- pour refuser les baisses d’effectifs de l’établissement ;
- pour défendre les missions publiques assurées par un établissement public ;
- pour défendre l’emploi statutaire.

A cet effet, dans le prolongement des discussions engagées lors de l’heure mensuelle d’information syndicale du 22 juin, les syndicats CGT de l’IGN font la proposition d’une rencontre rapide de l’Intersyndicale afin de préparer en commun les prochaines réunions du CTP et du CA de l’IGN des 6 et 7 juillet 2006. Pour ne pas laisser faire !

Saint-Mandé, le 23 juin 2006.
Pour accéder au Géoportail de l'information géographique publique, aller à http://www.geoportail.fr/

14 juin 2006

Des perspectives budgétaires à rejeter

Communiqué de l'Union Générale des Fédérations de Fonctionnaires

C’est donc hier soir que les lettres plafonds du budget 2007 ont été rendues publiques par le Premier Ministre.

Aggravant notoirement la politique déjà suivie depuis 4 années, Dominique de Villepin a annoncé que la Fonction publique de l’Etat compterait 15.000 emplois budgétaires en moins l’année prochaine.

Pour la CGT, cette décision est absolument inacceptable. Préparée en catinimi dans les cabinets ministériels, elle relève d’une logique libérale et comptable que nous condamnons.

Non, les emplois publics ne doivent pas constituer une variable d’ajustement pour des choix économiques parfaitement contestables. Les effectifs de fonctionnaires doivent être regardés à l’aune du service public que l’on veut rendre à la population toute entière. Et, dans cette perspective qui est la seule qui vaille, la CGT réaffirme qu’il n’y a pas trop d’emplois au budget de l’Etat.

Les choix du Premier Ministre sont néfastes pour tous et vont plonger de nombreux services, encore plus durement touchés que les autres, dans des situations de dysfonctionnement inadmissibles.

Notre organisation –qui refuse de considérer ces orientations comme inéluctables- va tout mettre en œuvre pour les mettre en échec.

Montreuil, le 13 juin 2006

09 juin 2006

Déclaration C.G.T. : Le 10 et le 20 juin, tous ensemble

Le 10 et le 20 juin, tous ensemble
pour la défense et le développement des services publics

Le déploiement de toute la Cgt, avec la recherche de l’unité la plus large, doit permettre de construire dans les semaines à venir autour du 10 et du 20 juin, un rapport de force conséquent pour faire face aux enjeux et concrétiser les ambitieuses conquêtes sociales et démocratiques exposées, la victoire est à portée de main !

La Cgt réaffirme le choix du service public comme outil de solidarité afin de répondre aux besoins des populations.
Le développement des services publics en France et en Europe est déterminant pour le dynamisme de l’économie en favorisant la croissance durable et la création d’emplois.

Il doit jouer un rôle essentiel pour assurer la cohésion sociale et territoriale, ils sont un apport au développement et à la satisfaction des besoins économiques, sociaux et environnementaux. Ils assurent une garantie d’accès aux droits humains fondamentaux.

Les services publics font l’objet d’attaques incessantes comme l’illustre l’actualité récente avec le projet de fusion de Suez et Gaz de France, amenant à une privatisation de Gaz de France. Les électriciens et gaziers, les salariés de Suez, sont depuis plusieurs mois engagés dans la bataille pour préserver le service public du gaz et l’intégrité du groupe Suez et des emplois.

Plusieurs échéances à venir doivent permettre aux électriciens et gaziers, aux salariés des entreprises de services publics, à tous les salariés et à la population de lutter pour la défense et le développement des services publics autour d’initiatives revendicatives dans tout le pays.

Le 10 juin, à l’appel des collectifs de défense des services publics,
Le 20 juin, à l’appel des fédérations de l’énergie Cgt, Fo,Cgc pour une journée de manifestations et d’arrêts de travail.

La Cgt s’associe à ces temps forts porteuse de identité propre et de ses exigences revendicatives, considérant qu’ils sont des étapes déterminantes pour marquer un coup d’arrêt aux politiques de casse des services publics et aux privatisations. Alors que l’opposition majoritaire des salariés à la fusion de Suez et Gaz de France s’exprime et alors que les inquiétudes des usagers se manifestent, le gouvernement cherche à accélérer le processus de privatisation dans les semaines à venir et dans les jours qui viennent à prendre des décisions dont la portée sera considérable.

Ce projet de privatisation de Gaz de France aura de lourdes conséquences sur l’avenir énergétique du pays. Mais au-delà il entérinera la fin de la conception de service public national et de péréquation tarifaire. Cette évolution risque de servir de modèle à d’autres mises en cause pour l’électricité, les chemins de fer, les postes et télécommunications…

Dans le même temps, le gouvernement ainsi que la majorité Ump sont de plus en plus hésitants voir divisés sur le projet dans un contexte de perte de crédibilité de leur politique et de leur intégrité.

Le déploiement de toute la Cgt, avec la recherche de l’unité la plus large, doit permettre de construire dans les semaines à venir autour du 10 et du 20 juin, un rapport de force conséquent pour faire face aux enjeux et concrétiser les ambitieuses conquêtes sociales et démocratiques exposées, la victoire est à portée de main !

FNTE : 55ème anniversaire des décrets salariaux

Fédération Nationale des Travailleurs de l'Etat CGT

Il y a 55 ans, soufflait un vent de modernité
Et de solidarité !

Cela fait en effet 55 ans que les Travailleurs de l’Etat obtenaient une conquête sociale majeure : le décret du 22 mai 1951 relatif à la détermination du taux des salaires des ouvriers de la Défense Nationale.

Les décrets salariaux ont 55 ans en cette année 2006. La jeunesse de cette clé de voûte du statut des personnels à statut ouvrier d’état reste intacte.

22 mai 1951 : une date, une lutte, des valeurs.

L’origine du salaire national est à l’ordre du jour du congrès de la Fédération Nationale CGT des Travailleurs de l’Etat de France et des Colonies de….1922. Ce congrès se tient à Paris. Il lance l’idée de « fédérer » les salaires pour les unifier et mandate la Direction de la Fédération CGT pour y parvenir.

Cette idée progressiste prendra réalité…..29 ans plus tard.
Avant cette réalité, unifiant et solidarisant les personnels, la loi de la jungle et de la discrimination régnait en maître.
Ainsi en 1937, il existait pour les établissements de la guerre :
- 10 bordereaux régionaux ;
- 4 catégories d’application différente :
A) Les ouvriers professionnels
B) Les ouvriers non- professionnels
C) Les ouvrières et veilleurs (avec 2 taux ce qui constitue la 4ième catégorie)

Le nombre d’échelons et leur valeur variaient suivant les Directions d’emploi.

On a pu compter jusqu’à 200 bordereaux dans les années 1920.
Si les dispositions d’un arrêté du 11 avril 1945 confirme (la Libération est passée par là)
que «les ouvriers travaillant dans les mêmes conditions percevront les mêmes salaires », les inégalités demeurent envers la jeunesse par exemple. Les taux de salaires subissent ainsi un abattement suivant l’âge (cela rappelle quelque chose) :
- 50% pour les 14-15 ans.
- 40 % pour les 15-16 ans.
- 30% pour les 16-17ans.
- 20% pour les 17-18 ans.

La lutte de 1951 restera à n’en point douter comme un des conflits les plus exemplaires.
Brest mènera une grève historique de 31 jours. L’élan populaire autour de ce mouvement de très haut niveau reste à jamais dans le patrimoine local et national.

Un salaire national qui cimente une corporation : Un exemple de garanties collectives.

C’est bien d’une base unique de calculs de salaire des personnels à statut ouvriers d’état qu’il s’agit.

La force et la modernité de cette revendication d’une garantie collective de haut niveau doivent inspirer les générations actuelles.

La solidarité inter générationnelle des décrets salariaux est aujourd’hui mise à mal par la
Réforme Fillon sur les retraites.

Les retraités subissent en effet la désindexation de leur pension par rapport aux salaires des Ouvriers(e)s en activité.

Plus que jamais, l’action collective pour la défense et la pérennisation des décrets salariaux s’impose. Comme s’impose celle pour la suppression de cette mesure inique que sont les abattements de zone institués par le régime de Vichy.

La CGT refuse le chantage gouvernemental consistant à menacer les décrets salariaux si les organisations syndicales persistent à revendiquer la suppression des abattements de zone.

La CGT veut avancer

Un salaire national, des augmentations trimestrielles basées sur l’évolution des salaires de la métallurgie parisienne restent de loin préférables aux solutions basées sur le mérite, la façon de servir où prime l’individualisme et qui n’assure aucune garantie durable.

Au regard de la politique salariale menée dans les entreprises nationales du Ministère de la Défense que représentent GIAT, SNPE et DCN, quels enseignements tirer pour les personnels en conventions collectives où l’individualisation des salaires poussée au
maximum, est la règle ?

Quels regards portent les personnels fonctionnaires, notamment les ouvriers fonctionnaires, sur ce système salarial des ouvriers d’état ?

Les décrets salariaux font partie intégrante du statut des personnels à statut ouvrier d’état. Décrets sans cesse attaqués mais toujours debout grâce à nos luttes.

La CGT est particulièrement fière de fêter ce 55ième anniversaire de cette jeune conquête sociale moderne et progressiste.

Elle ambitionne de tenir plusieurs initiatives dans la période et dans cette année.
D’ores et déjà, elle avance l’idée d’un échange entre différentes générations de
personnels et entre différentes catégories.

Ce lundi 22 mai 2006, nos décrets salariaux ont 55 ans.
Célébrons, ensemble, une conquête sociale majeure que le syndicalisme et les luttes ont permis de gagner hier comme elles ont permis de faire la peau au CPE il y a peu de
temps.

Célébrons ensemble cet anniversaire en renforçant et en déployant le Syndicat de la feuille de paye qu’est la CGT.

Montreuil, le 19 Mai 2006.