24 janvier 2006

24 janvier 2006 : appel à la grève à l'ANPE

La Fédération CGT des organismes sociaux et la CGT ANPE
appellent l’ensemble des personnels à une journée de
grève et de manifestations le 24 janvier 2006


Le projet de convention ETAT-ANPE-UNEDIC, les évolutions qu’il contient, sont d’une extrême gravité pour nos organismes respectifs et les missions qu’ils assument (ou devraient assumer), pour les travailleurs, notamment ceux privés d’emploi, et pour les agents et salariés de nos services.

Ce projet est directement issu de la loi dite de cohésion sociale, dont nous exigeons l’abrogation. Il est cadré par le décret du 2 août, concernant le suivi de la recherche d’emploi.

Coté protection sociale, après la réforme Fillon des retraites en 2003, après le plan Douste-Blazy sur la Sécurité sociale, c’est au tour de l’Assurance chômage d’être remise en cause dans ses fondements.
Jusqu’à présent, dans le dispositif de l’emploi, les missions étaient clairement définies : à l’ANPE, l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi, à l’Assurance Chômage, leur indemnisation et le recouvrement des cotisations, aux DDTE le contrôle de la recherche d’emploi.
Cela s’ajoute aux remises en cause des services publics, des conventions collectives, du droit constitutionnel à l’emploi, aux attaques en règle contre le code du travail (avec le Contrat Nouvelle Embauche), aux privatisations (SNCM, EDF-GDF, …). Toutes les « réformes » visent à réduire le coût du travail et à remettre en cause les conquêtes sociales des travailleurs.

Maisons de l’emploi, rapprochement géographique : pourquoi ?
Sous couvert, là aussi, de « plans de luttes pour l’emploi », les gouvernements successifs depuis plusieurs années ont développé les contrôles sur les chômeurs, y compris sous la forme de l’accroissement des sanctions et radiations, et tentent de les adapter à une logique strictement conforme aux intérêts du patronat, en particulier à l’échelon local. Ces orientations et les régressions qu’elles impliquent pèsent de manière particulièrement négative sur les personnels, au travers des consignes développées en interne, et dégradent les rapports avec les usagers, notamment les plus démunis, ainsi que les conditions de travail dans les services.

Nos organisations CGT combattent résolument la politique dite d’activation des dépenses passives (une partie du budget de l’UNEDIC est détournée de l’indemnisation pour contribuer au retour à l’emploi forcé des allocataires de l’assurance chômage) notion introduite par Martine Aubry dès 1992 et renforcée par l’Union Européenne en 1999, « Stratégie de Lisbonne », dont découlent les lignes directrices de la politique de l’emploi. A ce titre, l’orientation gouvernementale et patronale, vise à dégrader les principes du régime d’assurance chômage alimenté par les cotisations des travailleurs, en exonérant les entreprises de leur responsabilité dans le chômage et la précarité croissante, en augmentant les contraintes sur les chômeurs (y compris sous couvert d’accompagnement personnalisé), en dégradant l’indemnisation (2003).

De même, nos organisations combattent résolument le changement de nature qui se produit au niveau du service public de l’emploi.
Nous estimons que les chômeurs ont tout à craindre des rapprochements dans les futures maisons de l’emploi (Assedic/ANPE/Entreprises de travail temporaire/cabinets de recrutements…) et le rôle accru des intérêts privés dans la détermination des missions.

Nous tenons à dénoncer la campagne honteuse qui se développe, visant à rendre les chômeurs responsables de leur situation, et à les orienter prioritairement vers les dits métiers en tension, en fait vers des branches ou entreprises aux conditions de salaires et de travail les plus défavorables – et ce, alors que les plans de licenciement se multiplient !

Les travailleurs privés d’emploi ne sont pas responsables de leur chômage ou des 14 milliards de déficit annoncés par l’Unedic.
…/…Les responsables sont au Medef, au gouvernement et à Bruxelles.
La politique de formation est elle aussi dévoyée dans ce sens : elle restreint considérablement les possibilités pour les salariés et les chômeurs de choisir leur qualification et leur emploi et vise à faire jouer à l’AFPA un rôle de stricte adaptation.

Globalement, nous rejetons les choix politiques internes et l’organisation des services, en phase avec les objectifs et processus de démantèlement, d’externalisation, de privatisation, y compris sur les questions informatiques, dont on sait qu’elles sont particulièrement déterminantes et structurantes (en particulier avec la mise en place d’un Dossier Unique du Demandeur d’Emploi.).

La volonté délibérée et coordonnée des directions vise à superposer nos missions.
Elle vise à brouiller les frontières entre nos organismes (par exemple, l’ASSEDIC serait chargée à l’inscription de « profiler » le chômeur au regard des risques de chômage de longue durée), mais aussi, par les insuffisances d’effectifs, de dégrader considérablement le service rendu.

Il apparaît clairement que l’on se dirige vers la réduction drastique, voire la suppression, de l’accueil des usagers à leur propre demande : dans les antennes ASSEDIC, en renvoyant à l’utilisation du courrier papier ou électronique, dans les Agences Locales pour l’Emploi, en axant avant tout sur les plans de convocations des chômeurs, par populations ciblées ou dans le projet de suivi mensuel, et en renvoyant vers les Services à distance, avec la volonté de supprimer le flux, ceux que l’on refuse de recevoir.
Proposer un panel le plus large possible de modes de contact y compris en utilisant les moyens technologiques les plus récents, soit.
Mais il doit bien s’agir de laisser le choix à l’usager et non de lui imposer un comportement au nom d’une prétendue modernité, d’une « qualité » stéréotypée et de réponses préétablies. Drôle de concept que cette « qualité » où c’est le « client » qui doit adapter ses demandes et ses attentes à l’organisation et aux besoins des services et non le contraire.

La multiplication des convocations, associée au renvoi systématique vers les outils télématiques, dans un contexte de contrôle accru sans proposition sérieuse de solutions correspondant à l’attente de nos publics, génère de l’agressivité envers les agents de nos institutions.
Il est de la responsabilité des dirigeants de nos structures de veiller à la sécurité des personnels. Aussi doivent-ils revenir en arrière sur la mise en place de cette machine à exclure et à rejeter. Ils doivent nous donner les moyens d’exercer nos missions en fonction des besoins exprimés par les publics qui dépendent de nos services et nous permettre de respecter la dimension humaine que comporte notre relation professionnelle avec les usagers.


Les organisations CGT de l’Assurance chômage et la CGT ANPE revendiquent la pérennité des deux institutions, qui doivent être rétablies dans les missions qu’attendent les travailleurs privés d’emploi, pour les indemniser et les aider à sortir définitivement du chômage.

Nous ne voulons pas devenir un outil à la disposition du patronat pour contrôler et sanctionner les demandeurs d’emploi, tout en généralisant la précarité.


La fédération CGT des organismes sociaux et la CGT ANPE appellent l’ensemble de leurs adhérents et de leurs organisations à préparer activement cette mobilisation, par tous les moyens nécessaires : tracts, réunions communes, assemblées générales…


Tous en grève le 24 janvier 2006

Participons nombreux aux manifestations qui seront organisées ce jour là !

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