13 mars 2006

Déclaration de la Commission Exécutive de l'UNSEN-CGT

Communiqué de presse

La Commission exécutive de l’UNSEN-CGT, réunie le 10 mars 2006, appelle l’ensemble des personnels de l’Éducation à une journée nationale de grève le jeudi 16 mars 2006 et à réussir la journée de mobilisation et de manifestations du samedi 18 mars 2006.

Avec le développement des luttes des étudiants et des lycéens, l’UNSEN-CGT réaffirme son engagement dans la bataille :
- Contre la généralisation de la précarité et la remise en cause du Code du travail ;
- Pour le retrait du CPE ;
- Contre l’apprentissage à 14 ans ;
- Contre la baisse généralisée des moyens dans l’éducation (baisse des recrutements, baisse des DHG, réforme des ZEP,…).

Un préavis de grève est déposé chaque jour depuis le début du mois de janvier.

Montreuil, le 10 mars 2006
Union Nationale des Syndicats de l'Education Nationale CGT

Métro : Porte de Montreuil - Tél. : 01.48.18.81.47 - Télécopie : 01.49.88.07.43
– e-mail : unsen@ferc.cgt.fr - internet : http://www.ferc.cgt.fr

09 mars 2006

Suites du 7 mars : du coté du SDEN 94

Adresse aux syndiqués de la CGT-Educ'Action 94

Créteil, le 9 mars 2006

La journée de mobilisation du 7 mars 2006 à l'appel des organisations de salariés, d'étudiants et de lycéens a connu de fortes manifestations.

La participation des personnels de l'Éducation est dans l'ensemble restée modeste : il nous reste encore à convaincre les collègues.

La précarité continue à s'accélérer : c'est le CPE, le CNE ou le CDD "seniors" dans les entreprises privées, ce sont les vacations et les contrats dans la Fonction Publique...

La baisse du nombre de postes dans le 2nd degré, l'augmentation ridicule dans le 1er degré au regard de l'augmentation du nombre d'élèves ; la baisse du nombre de postes offerts aux concours, les mesures Fillon ou le plan « Ambition Réussite » participent de cette généralisation de la précarité.

Dans les entreprises privées, la mobilisation est très difficile, et pourtant, comme le constate la Confédération, le nombre de débrayages recensés et de participants aux manifestations est remarquable, confirmant ainsi une augmentation de l'implication des salariés du privé dans les mobilisations récentes, tout particulièrement sur la question des salaires.

En tant que syndiqués CGT, il nous faut :
➢ poursuivre le débat avec les collègues sur la question de la précarité, des concours, de la DHG et de la Carte Scolaire, du plan «Ambition Réussite»...
➢ être à l'initiative d'assemblées générales des personnels pour l'information et la prise de décisions collectives pour la mobilisation, notamment pour la réussite des manifestations des 16 et 18 mars (un préavis de grève est déposé auprès de l'Inspecteur d'Académie)
➢ prendre contact avec les Unions Locales CGT de nos villes pour participer aux initiatives de prises de contact avec l'ensemble des salariés
➢ rencontrer et participer aux mobilisations des lycéens et étudiants

Nous devons également, en tant que membres du syndicat CGT-Educ'Action 94, nous tenir mutuellement informés des niveaux de mobilisation et des initiatives prises localement, notamment par l'utilisation de la liste de diffusion
cgt_educ_action94@yahoogroupes.fr, ou à défaut par l'envoi de messages à l'adresse du syndicat : cgt.educ-action94@laposte.net

L'ensemble de ces informations pourront figurer sur le site internet du syndicat
(http://cgt.educaction94.free.fr)

Syndicat Départemental de l'Éducation Nationale – Confédération Générale du Travail
11 rue des Archives 94010 CRETEIL CEDEX – 01 41 94 94 25
cgt.educ-action94@laposte.net – http://cgt.educaction94.free.fr

06 mars 2006

Appels pour le 7 mars : suite ...

Cfdt anpe -CFE – CGC – CGT ANPE – FO – SNU – SUD

Non au Contrat de Première Embauche
Mobilisons Nous
La jeunesse mérite un autre avenir !


Le gouvernement a choisi le passage en force pour imposer un Contrat de Première Embauche qui au nom de l’emploi est un nouveau coup porté à l’avenir des jeunes mais aussi constitue un pas supplémentaire dans la remise en cause du Code du Travail.

La précarité généralisée pour les jeunes
La principale caractéristique du CPE, c’est qu’il s’agit d’un contrat de travail qui peut être résilié sans motif pendant deux ans. C’est à dire que les jeunes ainsi recrutés vont pendant toute cette période être à la merci de l’arbitraire patronal, sous la menace d’un licenciement qui pourra intervenir à tout moment avec simplement quinze jours de préavis.

Déjà la majorité des jeunes passe par des périodes de précarité avant d’accéder à un emploi stable (emplois aidés, CDD, intérim, stages…) : le CPE se rajoute aux multiples formes d’emplois précaires.

Et qui peut penser que les employeurs n’auront pas recours aux CPE y compris lorsqu’ils auront besoin de recruter sur des emplois stables ? On appelle cela « l’effet d’aubaine ». En fait, pour tous les jeunes, quelle que soit leur formation et leur qualification, c’est la perspective d’une précarité généralisée et obligatoire. Et sans la moindre garantie de déboucher sur un emploi fixe ! Comment construire un projet de vie dans ces conditions ?

Une menace pour tous
Après le Contrat Nouvelle Embauche (entreprises de moins de 20 salariés), après les CDD pour les seniors, après la réduction de l’indemnisation du chômage, le CPE donne un nouveau coup de boutoir au droit du travail : la vieille revendication du patronat de pouvoir licencier sans entrave se voit confortée. De moins en moins d’emplois vont relever du Contrat à Durée Indéterminée. Le Premier Ministre annonce son intention de travailler à une réforme du CDI : on peut craindre le pire dans ce contexte, d’autant que les orientations européennes préconisent de « réexaminer le niveau de flexibilité offert » par les contrats de travail. Tout comme pour le statut de la Fonction Publique qui, dans une telle logique, risque de faire figure « d’insupportable archaïsme ».

Salariés de l’ANPE,
Chaque jour dans nos pratiques quotidiennes, nous mesurons l’extension de la précarisation des emplois. Deux offres sur trois relèvent de ces formes d’emploi (CDD, intérim,…). Le chômage des jeunes actifs de moins de 25 ans s’élève à 22,7%, celui des jeunes femmes allant jusqu’à 23,9% du nombre des chômeurs. Toutes catégories confondues, il y a 673 925 jeunes inscrits dans nos fichiers (cat. 1,2,3,4,5,6,7,8) au mois de décembre 2005.

En réalité, nous savons bien que la précarité nourrit la précarité et que les jeunes s’enfoncent dans ces situations, puisque moins de la moitié des jeunes actifs bénéficie d’un emploi à durée indéterminée.

C’est pourquoi nous condamnons le contrat première embauche, qui est un décalque aggravé du CNE réservé à la jeunesse.

Aussi,
Nous nous félicitons de la mobilisation qui se construit depuis quelques semaines, particulièrement au sein de la jeunesse étudiante et lycéenne. La réussite des manifestations du 7 mars est un enjeu central pour l’ensemble des salariés et des jeunes.


Afin de favoriser la participation du maximum de salariés aux manifestations qui se dérouleront dans tout le pays, nous appelons à une grève nationale de 24h le 7 mars 2006 à l’ANPE.
Sur le mot d’ordre unitaire de :


RETRAIT DU CPE et ARRET DE TOUTE FORME DE PRECARITE
Paris, le 26/2/06

03 mars 2006

Appels à la grève et aux manifs du 7 mars 2006 contre le CPE

Nota : présentation du plus récent au plus vieux

Appel adopté à l'unanimité par la Commission exécutive du syndicat CGT OM IGN ce jeudi 2 mars.




SYNDICAT CGT OUVRIERS / MAÎTRISE DE L’IGN
MARDI 7 MARS 2006TOUS EN GREVE ET EN MANIF
POUR L’ABROGATION DU CPE ET DU CNE !

Le syndicat CGT Ouvriers / Maîtrise de l’IGN appelle les agents de l’établissement à participer à l’action nationale pour l’abrogation du CPE et du CNE, initiée par l’ensemble des organisations confédérales CGT, FO, CFDT, CFTC, FSU, UNSA. Les organisations Union Syndicale Solidaires, Confédération Etudiante, Sud Etudiant, et FIDL, s’associent à cet appel.

Pourquoi les agents de la Fonction publique sont-ils concernés ?

Parce que la détérioration des conditions d’une partie des salariés finit toujours par peser sur tous les salariés !

Parce que l’introduction du CPE et du CNE menace à court terme le CDI et tout le Code du Travail !

Parce que nos proches, nos parents travaillant dans le privé ont à subir cette forme d’exploitation éhontée, une privation de droit !

Parce que les salariés des entreprises sous-traitantes que nous cotoyons au jour le jour, sont directement dans le collimateur !

Parce que la précarité introduite par la possibilité de licencier pendant 2 ans, sans motif, les nouveaux embauchés, âgés de moins de 26 ans ou employés dans les entreprises de moins de 20 salariés, est insupportable !

Parce que la solidarité entre salariés est une nécessité vitale pour maintenir les droits et la dignité de tous !

A cet effet, la CGT OM IGN appelle à la grève et aux manifestations du 7 mars 2006.
Saint-Mandé, le 2 mars 2006

Région parisienne :



Manifestation unitaire régionale
A l’appel de :CGT- CFDT- FO- CFTC - CFE CGC – Solidaires – UNSA – FSU – UNEF – UNL – FIDL - Confédération Etudiante
République – Bastille - Nation Départ à 14h.30

Rendez-vous CGT Val de Marne av. de la République hauteur rue de Neumours







Tous ensemble contre le Contrat de Première Embauche
Appel de la FERC SUP
tract du 21 février 2006

Les étudiants, dans de nombreuses Universités, continuent de se mobiliser pour le retrait du Contrat de Première Embauche. Ils sont de plus en plus à manifester fermement contre ce qu’ils considèrent comme une précarisation organisée.
Ils ont raison.

Les syndicats CGT des établissements d’Enseignement Supérieur sont parfaitement conscients des dangers que représente ce type de contrat, atteinte sans précédent contre le code le travail, et se veulent parties prenantes des initiatives prises pour le combattre.

La FERC Sup-CGT s’associe avec ses militants aux mots d’ordre d’action et de manifestations lancés pour la période à venir et appelle l’ensemble des personnels du Supérieur à y participer massivement.
Le retrait du CPE peut être obtenu si les jeunes et l’ensemble des organisations syndicales de salariés construisent, ensemble, une mobilisation de haut niveau.

Les 23, 28 février, ainsi que le 7 mars, elle fera tout pour assurer un plein succès aux mouvements de grève et de manifestations annoncé.






Syndicat National des Travailleurs de la Recherche Scientifique Cgt.
Tract du 13 Février 2006


Appel à la journée nationale d’action du 7 mars du SNTRSPour le retrait du CPE et du CNELes organisations syndicales nationales de la recherche et de l’enseignement supérieur appellent tous les personnels titulaires et non-titulaires à participer massivement à la journée nationale du 7 mars pour exiger le retrait du CPE et du CNE, et refuser la précarisation de l’emploi dans le public comme dans le privé.
Tous dans l’action le 7 mars

Organisations syndicales signataires :

UNEF, SNCS-FSU, SNESUP-FSU, SNASUB-FSU, SNTRS-CGT, FERC-Sup-CGT, INRA-CGT, CGT-CIRAD, CGT-IFREMER, SGEN-CFDT-CNRS, SGEN-CFDT-INSERM, STREM-SGEN-CFDT, CFDT-CEA, Sup'Recherche-UNSA, A&I-UNSA et SNPTES-UNSA, SUD-Recherche-EPST, SUD-Etudiant, SUD- Ifremer, SNIRS-CGC, CFTC-INRA,….

24 février 2006

UGFF-CGT : appel pour le 7 mars 2006

Union Générale des Fédérations de Fonctionnaires CGT


Le mardi 7 mars 2006, tous en grève et en manifestation
pour les droits des jeunes et des salariés
.

Retrait pur et simple du CPE


Après l’apprentissage à 14 ans, le contrat première embauche instaure pour les moins de 26 ans une période d’essai de deux ans, qui permet un licenciement sans justification. Il constitue, avec le contrat nouvelle embauche (qui a valu de premières condamnations d’entreprises aux prud’hommes pour licenciement abusif) et autres contrats aidés, une destruction du droit du travail.

Généralisation de la précarité, bâillonnement de la jeunesse et tentative de mise au pas du salariat sont les véritables objectifs du gouvernement, afin de servir les intérêts du patronat.

Dans la fonction publique d’Etat, la précarité se développe : le non-titulariat représente, en cumulant les effectifs des ministères, des EPA et EPST, des emplois aidés, un total de 430 000 salariés. Ce nombre, qui ne prend pas en compte les non-titulaires rémunérés sur crédits et sur des besoins permanents, représente déjà 17 % des effectifs de la fonction publique d’Etat. De surcroît, l’emploi de stagiaires – non rémunérés par définition – par les ministères et les emplois publics, au-delà de trois mois et dans des conditions de travail inadmissibles, s’amplifie.

La Dares (institut de statistiques du ministère de l'emploi), dans une étude publiée en janvier 2006, indique qu’avec 16% des emplois, la part des « contrats courts » (CDD, vacataires, emplois aidés, stagiaires) ne cesse d'augmenter dans les trois pans de la Fonction publique. Elle note que cette proportion dépasse celle du privé, où 12% des salariés sont employés comme CDD, emplois aidés ou intérimaires. Entre 1990 et 2002, la part d'emplois courts s'est accrue de cinq points, plus que dans le privé (+3 points).

Au moment où le gouvernement envisage d’augmenter la surcote en matière de retraite, la multiplication, avant d’obtenir un emploi stable, des périodes de chômage ou de contrats précaires tels le CNE ou le CPE place les jeunes salariés devant un choix entre deux alternatives inadmissibles : partir à la retraite avec un revenu de remplacement misérable ou travailler jusqu’à 70 ans…

Les agents de l’Etat ont donc toutes les raisons de répondre à l’appel des organisations étudiantes et lycéennes et des organisations syndicales de salariés, pour faire du 7 mars une grande journée nationale de mobilisation.

Tous ensemble, il est possible de faire reculer le gouvernement.
L’UGFF-CGT appelle les personnels à faire grève et à participer aux manifestations prévues le 7 mars.

L’UGFF-CGT dépose pour cette journée un préavis de grève.

Montreuil, le 23 février 2006

11 février 2006

Cà se passe dans le Val de Marne...

Présentation :

reprise d'un article paru dans l'Humanité du 9 février 2006 qui montre combien les libertés et les droits élémentaires des salariés, dont le droit de grève et de se défendre avec son syndicat, sont fragiles. A l'heure où le gouvernement veut imposer le CPE, grande étape dans la marche à la destruction du Code du Travail, où la directive Bolkestein est toujours sur l'agenda des libéraux européens, les salariés ont plus que jamais besoin d'une arme efficace, le syndicat pour la lutte collective.



Enquête :

Humiliés et virés pour avoir fait grève

Cofrafer . Licenciés sans ménagement pour faute lourde, les 28 ouvriers grévistes de la société de découpe de ferraille font presque tous partie de la vague de travailleurs algériens venus en France dans les années soixante-dix et sont à quelques années de la retraite.

Ce qu’ils ressentent va au-delà du sentiment d’injustice. « Depuis vingt-cinq ans que je suis en France, je n’avais jamais fait une heure de grève. Même malade, je venais travailler. Je ne me suis arrêté qu’une seule fois, c’était un accident du travail. Nous licencier, c’est pas sérieux. La direction n’a aucune reconnaissance de notre travail. Je me sens humilié. » Comme Ahmed Daif, un des 28 grévistes licenciés de Bamesa-Cofrafer, société de découpage de ferraille située dans le Port autonome de Bonneuil, dans le Val-de-Marne, Houas Mouhoubi raconte : « Je suis venu d’Algérie en France pour travailler à vingt et un ans. J’en ai cinquante-six. On nous a pressés comme des citrons, et maintenant on nous jette dehors. »

Tous, ou presque, sont des Algériens venus en France dans les années soixante-dix pour travailler, quand le patronat est allé chercher la main-d’oeuvre disponible sur l’autre rive de la Méditerranée. « Moi, j’avais un contrat de travail en poche en arrivant ici, renchérit Hachemi Yacoubi, cinquante-six ans, dans l’entreprise depuis 1973. Avant, cette boîte, c’était une baraque. C’est nous qui l’avons construite. Aujourd’hui, on nous jette et la justice française nous abandonne. »

Les procédures judiciaires sont pourtant loin d’être achevées. Refusant de statuer sur la forme (en départage), le tribunal des prud’hommes vient de renvoyer l’affaire au fond. « Je suis amer, écoeuré, c’est à se demander s’il existe encore un droit du travail », rage Jonas Lankar, le délégué CGT, seul syndicat présent dans l’entreprise. Il va encore falloir attendre. Mais le tribunal devra alors entériner ou refuser la « faute lourde » qui justifie la procédure de licenciement engagée à l’encontre de 28 ouvriers de la production qui, poussés à bout par la détérioration de leurs conditions de travail, se sont mis en grève.

Avant son rachat par l’espagnol Bamesa, en 2003, Cofrafer, qui appartenait à Arcelor, était une entreprise sans histoires. « Nous n’avons jamais fait grève, ou alors juste une demi-heure, et la discussion s’engageait », raconte Houas Mouhoubi, délégué du personnel et membre du comité d’hygiène et de sécurité. Le groupe espagnol va radicalement changer l’ambiance. Jorge Requena, nommé directeur général après avoir dirigé une entreprise Bamesa en Turquie, engage un plan de 42 licenciements. Chaque salarié est prié d’augmenter sa productivité. La pression au rendement s’accentue. Une plus grande polyvalence est exigée. Faute de personnel suffisant, le travail devient dangereux. « J’ai travaillé sur toutes les machines, raconte Abdelmajid Yacoubi, vingt-cinq ans de maison. Sur ma ligne, une machine sur laquelle travaillent deux personnes, c’est dangereux, je le sais. Le 20 mai, deux jours avant la mort d’Altaf, j’ai eu un accident, j’ai été blessé à l’oeil. »

La mort de Mohammed Altaf, elle, est dans toutes les têtes. Le 25 mai, l’ouvrier est écrasé par sa machine. Il y travaillait seul (lire ci-contre). Les élus du personnel avaient plusieurs fois alerté sur la dangerosité de sa ligne de production. Les ouvriers ont la rage, mais ils se remettent au boulot. Le climat se dégrade. Les ouvriers se plaignent d’être maltraités par leur chef d’atelier, Pascal Delfeld. Le 6 juillet, le compte rendu d’une réunion des délégués du personnel avec la direction souligne le « manque flagrant de personnel », alerte des salariés qui n’ont pas le temps de « s’arrêter pour la pause déjeuner », évoque « la mauvaise qualité des chaussures de sécurité ».

En réponse, la direction annonce qu’elle fait circuler un questionnaire pour « mesurer le bien-être chez Cofrafer ». Et dans les « questions diverses » se permet de demander, sur la base du volontariat, de venir travailler le 14 juillet ainsi qu’une heure de plus par jour « à titre gracieux » durant ce mois d’été. Une fois encore, beaucoup s’exécutent, par peur des représailles. Mais la colère gronde. Au point qu’un comité d’entreprise extraordinaire est convoqué le 16 septembre avec comme ordre du jour : « Grave sentiment de malaise ». Tout y passe : les ouvriers parlent de « pressions, de tensions, de blessures morales et d’altercations diverses ». Pascal Delfed est accusé de « harcèlement moral ». Il est l’objet, depuis, de plaintes aux prud’hommes.

Le chef lui a commandé de « baisser les yeux » quand il lui parle. Lui a refusé d’obtempérer. Il a aussi refusé le système maison qui consiste à proposer les formations nécessaires à la polyvalence en dehors des heures de travail. « En France, le travail gratuit n’existe pas », s’insurge Messaoud Machou (lire-ci dessous), qui, suite à un différend avec son chef le 12 septembre, sera informé trois semaines plus tard de son licenciement pour faute lourde. Un de ses collègues est sous le coup d’une même procédure disciplinaire. C’est la goutte d’eau, et la grève, le 18 octobre.

« La grève, on sait que c’est un droit. On était sûrs de nous. Je n’aurais jamais pensé être licencié à cause de ça », explique Mouhoubi Houas. Aucun, en effet, ne se doute des conséquences. Un piquet de grève est installé devant l’entreprise. Les non-grévistes peuvent travailler et circuler, mais les marchandises ne sortent pas. La direction fait intervenir les forces de l’ordre au nom de « l’urgence à voir cesser ce trouble qui mettait en péril la survie même de l’entreprise ». Elle assigne en justice les grévistes. Le mouvement, prévu pour une journée, s’installe dans la durée. Le 21 octobre, le tribunal de grande instance de Créteil ordonne l’expulsion. S’appuyant sur ce verdict, la direction engage 28 procédures de licenciements « pour faute lourde, sans indemnités ni préavis ».

La ville s’émeut et la solidarité s’organise. L’union locale CGT apporte son expérience et son aide logistique. Le maire de la ville, Patrick Drouet (PCF), fait adopter une subvention par le conseil municipal. Hélène Luc, sénatrice communiste, intervient auprès du ministre Gérard Larcher. Le président du conseil général, Christian Favier (PCF), contribue à faire décider d’une table ronde. Le patron ne s’y rend pas. C’est un échec. Le préfet nomme un médiateur. Mais la direction de Cofrafer rend effectifs les licenciements. Vingt-huit salariés d’un coup sur trente-huit à la production, cela fait beaucoup, alors elle réclame de Bamesa le prêt « d’une ou plusieurs équipe de salariés » espagnols « à titre gratuit ». La CGT parvient à empêcher cet épisode peu glorieux que Daniel Le Du, responsable de l’union locale CGT, ramène à « une tentative d’appliquer, sans qu’elle soit encore décidée, la directive Bolkestein ». Seul signe positif, l’inspection du travail refuse le licenciement des cinq élus du personnel. Mais, témoigne Jonas Lankar, de retour au boulot, « on est considérés comme des chiens galeux dans - l’entreprise ».

Aujourd’hui encore, les ouvriers licenciés, qui viennent tout juste de commencer à toucher les ASSEDIC, se donnent rendez-vous devant l’entreprise. Ils se battent pour leur réintégration. Certains sont à trois mois de la retraite. Même s’ils se disent découragés, leur dignité est intacte. « Ils nous ont virés pour rien. La seule vraie raison, c’est que nous avons fait grève », commente Christian Vaison, qui a décidé de se syndiquer. Mustapha Khellafi est plus amer : « Ils nous ont coupé les jambes. Je n’ai plus aucune perspective. Le patron nous a tués. »

Paule Masson

01 février 2006

Contrat Première Embauche : déclaration commune des orgas CGT de la Fonction Publique

Communiqué commun des organisations de la Fonction publique CGT
(UGFF – SANTE – SERVICES PUBLICS – ACTIVITES POSTALES ET TELECOMMUNICATIONS )

LE 7 FEVRIER :
TOUS ENSEMBLE POUR LE RETRAIT DU C.P.E.
ET POUR UNE VERITABLE POLITIQUE EN FAVEUR DE L'EMPLOI STABLE

Après le Contrat Nouvelle Embauche passé à la hussarde en plein mois d’août, le gouvernement bouleverse son calendrier pour, dans l’urgence et au mépris de toute concertation, imposer le Contrat Première Embauche pendant les vacances scolaires.
Un nouveau contrat qui aggrave la précarité
Le CPE ne réduit pas la précarité, bien au contraire. Il s’ajoute à la multitude de contrats précaires existants. Comme dans le CNE, pendant 2 ans, le jeune pourra être licencié au gré de l’employeur sans justification. L’accès au CDI restera pour la majorité un mirage. Le CPE, c’est pour les employeurs un formidable effet d’aubaine. D’ailleurs, le MEDEF demande déjà au gouvernement de généraliser ce type de contrat qui prive les salariés de toute protection contre les licenciements, qui exonère les entreprises de leurs responsabilités sociales et fait du travail une marchandise.
La Fonction publique pleinement concernée
La Fonction publique n’est pas en dehors de ces graves préoccupations. C’est si vrai que, en son sein, la précarité n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui. Et ce n’est certainement pas la loi de juillet 2005 relative au CDI qui va changer la donne.
Se mobiliser massivement lors de la journée du 7 février sera donc aussi une nouvelle occasion de condamner ces recours massifs à l’emploi non statutaire dans la Fonction publique et d’exiger la mise en œuvre d’un véritable plan de titularisation.
Ce sera également se prononcer pour une Fonction publique véritablement créatrice d’emplois et accessible aux jeunes sur des emplois statutaires.
Tous dans l’action pour le retrait du CPE
Le CPE n’est pas amendable : il faut donc en exiger le retrait pur et simple. C’est le sens de la déclaration commune (UNEF, UNL, CGT, CFDT, CFTC, FO, UNSA, FSU) du 24 janvier. Pour la CGT, ce qui est aujourd’hui à l’ordre du jour, c’est le retour au CDI, sans condition, comme norme de recrutement et une véritable sécurisation des parcours professionnels. Face à la surdité gouvernementale, la mobilisation est incontournable. Dans l’unité la plus large, mobilisons-nous tous ensemble le 7 février et participons aux manifestations organisées ce jour-là.
Montreuil, le 1er février 2006

30 janvier 2006

Communiqué UGFF du 30 janvier 2006

Emplois et missions publics :
les services de proximité de l’état en ligne de mire


Regroupement de services, non remplacement des départs en retraite, réduction des crédits, abandon et privatisation de missions, gestion des services centrée principalement sur la réduction des coûts… C’est dans ce cadre que le gouvernement veut engager la réforme des services départementaux de l’État. Une circulaire du premier ministre du 2 janvier 2006 en définit les contours.

Cette politique menée sans aucune concertation avec les organisations syndicales et les usagers se traduirait par la fermeture de nombre de services de proximité, des suppressions massives d’emplois, la mise en cause des garanties statutaires des agents avec notamment le développement des mobilités imposées.

Pour les usagers, cela signifierait un service public encore moins présent alors que la crise des banlieues comme celle des zones rurales a montré le besoin de services publics assurant du lien social pour répondre aux besoins de la population. Les services publics de proximité, l’école, la poste, l’ANPE, les services des finances… sont des éléments vitaux dans les quartiers et les zones rurales.

Dans bien des domaines, ils devraient être étendus pour prendre en compte les nouvelles demandes (services à l’enfance, aux personnes âgées, communication, transports…).

Le gouvernement veut tailler dans l’emploi, alors même que les départs en retraite ouvrent la possibilité de recruter massivement des jeunes dans la fonction publique.

Pour toutes ces raisons, l’UGFF dénonce la politique ultra-libérale et autoritaire mise en oeuvre. Elle demande l’abandon de ces projets et l’ouverture d’un débat public associant la population, les élus, les personnels.

Elle appelle les personnels à se mobiliser dans tous les départements et à participer nombreux aux journées d’action des 2 février pour les salaires, l’emploi et le service public, 7 février contre le contrat première embauche et pour un vrai emploi pour les jeunes, 14 février contre le projet de directive « Bolkenstein » sur les services.

Montreuil, le 30 janvier 2006

Communiqué de la CGT-ANPE du 28 janvier 2006

Communiqué de la CGT – ANPE


Un militant de la CGT – ANPE de Loire Atlantique, Christophe Tougeron, a été interpellé, après que son appartement ait été perquisitionné, ce samedi 28 janvier 2006 au matin. Il est actuellement en garde à vue.
Le prétexte à cette mise en garde à vue serait lié à un message électronique posté sur un site Internet par notre camarade.

Pour la CGT – ANPE, rien ne peut justifier une telle procédure.
Christophe Tougeron doit être libéré immédiatement.

La CGT – ANPE et ses militants se sont très clairement positionnés contre la politique publique de coercition sociale qui vise à contrôler les chômeurs et à les contraindre à se soumettre et à accepter tout ce qui leur serait proposé, même si cela ne leur convient pas. Les mesures de convocation systématique des chômeurs (jeunes, bénéficiaires de l’Allocation Spécifique de Solidarité, de tous les chômeurs à partir du 1er janvier 2006, dans le cadre du Suivi mensuel personnalisé) participent de cette logique à laquelle nous appelons les agents de l’ANPE à résister.

Nous dénonçons de longue date les conséquences prévisibles de la montée des radiations, de la contrainte et de la normalisation sociales qui sont à l’œuvre dans ces politiques publiques.

Nous constatons la montée constante des tensions, dans les agences locales pour l’emploi, entre usagers et agents de l’ANPE, se traduisant par des insultes, voire des agressions physiques.

La CGT – ANPE et ses militants considèrent qu’il ne faut pas se tromper de cible.

Les agents de l’ANPE ne sont pas responsables des orientations et des objectifs de cette politique. Ce n’est pas à eux d’en supporter les répercussions.

Dans le même temps, des locaux de l’ANPE et des ASSEDIC ont été détruits par les flammes au cours des dernières semaines. Rien ne pourrait justifier, si tel était le cas, des incendies d’origine volontaire.

C’est par une action collective large et déterminée que nous – agents de l’ANPE et chômeurs – devons et voulons combattre cette politique et la mettre en échec.

Aucun militant de la CGT – ANPE ne peut ni ne doit être inquiété ou poursuivi parce qu’il mène ce combat. Nous n’acceptons pas d’être accusés – même de façon implicite – d’être à l’origine d’une colère sociale qui trouve sa source dans la violence gouvernementale et patronale.

La CGT – ANPE et ses militants poursuivront leur action. Rien ni personne n’entravera notre liberté d’expression et d’intervention.

Paris, le 28 janvier 2006

27 janvier 2006

Communiqué de la FNTE-CGT du 27 janvier 2006

Communiqué de la Fédération Nationale des Travailleurs de l'Etat

STOPPER L’OFFENSIVE DE DESTRUCTION DU CODE DU TRAVAIL !


Le Gouvernement multiplie les manœuvres et les coups de force contre tous les contrats des salariés qu’il veut remplacer par un « Contrat de travail unique ».

A l’Assemblée Nationale, il fait le forcing pour intégrer le Contrat Première Embauche (CPE) au texte de loi sur « l’égalité des chances ».

Au Sénat, il dépose un amendement visant à créer, par voie d’ordonnance, un dispositif dit de « Contrat de Transition Professionnelle (CTP) », contrat précaire réservé aux nouveaux licenciés.
De Villepin et son équipe utilisent toutes les manœuvres pour prendre de vitesse une mobilisation qui grandit parmi la jeunesse et les salariés.

Aujourd’hui, pas moins de 17 types différents de contrats de travail sont à la disposition du patronat pour accroître la précarité, licencier à tout moment sans obligation de s’expliquer sur leurs raisons de se séparer de leurs salariés.

Le CPE de Villepin n’est rien d’autre que le CIP de Balladur de 1994, relooké pour la circonstance.
Avec la jeunesse, nous devons faire subir au CPE le même sort qu’au CIP à savoir SON RETRAIT.

« Le Gouvernement doit savoir que rien n’entamera la détermination d’une jeunesse qui refuse qu’on brade son avenir avec un sous-contrat de travail qui organise une précarité sans fin », a déclaré le Président de l’UNEF.

Il doit savoir, ainsi que le MEDEF, que rien n’entamera la détermination de la CGT, pas même quelques signatures de syndicats minoritaires au bas d’accords partiels qui ne règlent en rien les contentieux. Pour en finir avec tous les contrats précaires que De Villepin voudrait remplacer par un « Contrat de Travail Unique » qui signifierait la fin du CDI.

Etre précaire tout au long de sa vie, est-ce le devenir de notre jeunesse ?
Les jeunes et les salariés doivent prendre en mains leur avenir.
La jeunesse et les salariés doivent s’organiser et se rassembler pour s’opposer au démantèlement de l’ensemble des droits collectifs que tant de générations avant nous ont mis tant d’années à conquérir.
La FNTE-CGT regrette l’absence de réponse des autres fédérations (hormis l’UNSA) à sa proposition de rencontre que justifie l’état d’urgence sociale actuelle.

Les 31 janvier et 7 février sont des premiers grands rendez-vous sociaux à ne pas manquer avec ceux des 2 et 14 février.

La FNTE-CGT demande à toutes ses organisations d’être présentes à ces rendez-vous nationaux interprofessionnels et européens en proposant aux salariés de se rassembler dans leur unité pour stopper l’offensive libérale du couple De Villepin/Parisot.

Montreuil, le 27 janvier 2006

UGFF - Préavis de grève pour le 31 janvier 2006

Union Générale des Fédérations de Fonctionnaires

Montreuil, le 23 janvier 2006

Monsieur Christian JACOB
Ministre de la Fonction publique
72, rue de Varenne
75007 PARIS


Nos références : JMC/CR n° 12.01.06
Objet : Préavis de grève.



Monsieur le Ministre,

Comme vous le savez, la CGT organise une journée d’actions revendicatives le 31 janvier 2006.

Celle-ci sera pour l’ensemble des salariés du pays l’occasion de réaffirmer leurs fortes préoccupations en matière de salaires, d’emplois, de service public.

Dans le cadre de cette initiative, certains personnels de la Fonction publique pourraient vouloir cesser le travail.

En conséquence, je vous prie de bien vouloir considérer la présente comme valant préavis de grève pour la journée du mardi 31 janvier 2006, ainsi que pour les nuitées en amont et en aval de celle-ci pour les agents travaillant en horaires décalés.

Ce préavis concerne l’ensemble de la Fonction publique de l’Etat.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations distinguées.


Le Secrétaire Général

Jean-Marc CANON


263, rue de Paris – case 542 – 93515 Montreuil cédex
Téléphone : 01.48.18.82.31 – Télécopie : 01.48.18.82.11 –
Courrier électronique : ugff@cgt.fr
Site internet : http://www.ugff.cgt.fr/

UGFF - préavis de grève pour le 2 février 2006

Union Générale des Fédérations de Fonctionnaires


Montreuil, le 24 janvier 2006

Monsieur Christian JACOB
Ministre de la Fonction publique
72, rue de Varenne
75007 PARIS


Nos références : JMC/CR n° 14.01.06
Objet : Préavis de grève.

Monsieur le Ministre,

Comme vous le savez, les organisations syndicales de la Fonction publique, dans la quasi-totalité, appellent à faire du 2 février 2006 une journée nationale d’action pour, en particulier, une autre politique en matière salariale, une refonte de la grille indiciaire et la défense de l’emploi public.

Ce sera, pour les personnels, l’occasion d’exprimer leur désaccord sur les propositions salariales que vous avez faites lors de la réunion du 19 janvier.

L’UGFF / CGT invite les salariés à s’inscrire pleinement dans ce mouvement, notamment en cessant le travail.

En conséquence, je vous prie de bien vouloir considérer la présente comme valant préavis de grève pour la journée du Jeudi 2 février 2006, ainsi que pour les nuitées en amont et en aval de celle-ci pour les agents travaillant en horaires décalés.

Ce préavis concerne l’ensemble de la Fonction publique de l’Etat.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations distinguées.


Le Secrétaire Général
Jean-Marc CANON


263, rue de Paris – case 542 – 93515 Montreuil cédex
Téléphone : 01.48.18.82.31 – Télécopie : 01.48.18.82.11 –
Courrier électronique : ugff@cgt.fr
Site internet : www.ugff.cgt.fr

Salaires Fonction publique : déclaration du 26 janvier 2006

UGFF-CGT, Fédération CGT des Activités postales et de télécommunications, Fédération CGT des services publics, Fédération de la Santé et de l’Action Sociale.
Déclaration commune du 26 janvier 2006

Salaires : Pour construire le rapport de forces, tous dans l’action !
Hier soir, le ministre de la Fonction publique a pris la lourde responsabilité de ne convier que trois organisations syndicales à une négociation en catimini. C’est dans ces conditions inacceptables que Christian Jacob a recueilli la signature de ces trois organisations sur les volets social et statutaire de ses propositions.
La CGT souligne que cet accord est minoritaire : les signataires ne représentent que 33 % des personnels. De plus, cet accord est partiel et ne règle rien sur le contentieux salarial des années antérieures.

La question salariale reste entière : en l’état, les propositions du ministre représentent un total de 1,2 % en moyenne sur les 14 mois de janvier 2006 à février 2007 alors que les prévisions d’inflation pour la même période sont de l’ordre de 2 %.... En effet, en plus des 0,5 % au 1er juillet 2006 et des 0,5 % au 1er février 2007, le ministre ne propose qu’un point d’indice, soit 4 euros 50 bruts mensuels - au 1er novembre 2006.
Le volet social ne porte que sur la Fonction publique d’Etat et exclue donc les 2 400 000 agents des fonctions publiques territoriales et hospitalière.

Quant au volet statutaire, il écarte la perspective d’une refonte globale de la grille et ne comporte que des mesures partielles et catégorielles.

Le ministre Jacob croit bon de stigmatiser dans la presse les organisations qui n’ont pas participé à la séance de négociation d’hier, alors même que celles-ci n’y étaient pas conviées ! Il feint d’oublier que les organisations qui refusent son chantage représentent une large majorité des personnels. Il feint surtout d’oublier que les maigres et donc insuffisantes concessions qu’il a consenties ont été lâchées sous la pression du rapport de force et notamment de la perspective d’action du 2 février.

Décidemment, tout cela n’est pas recevable.
A ce lourd contentieux, vient par ailleurs se greffer la circulaire du Premier Ministre du 19 janvier préconisant de nouvelles et massives réductions d’emplois dans la Fonction publique pour 2007.

La coupe est plus que pleine !
Pour la CGT, l’heure est plus que jamais à la mobilisation la plus large et la plus unitaire. La journée interprofessionnelle d’actions du 31 janvier sur les salaires et l’emploi, la mobilisation du 7 février contre le contrat première embauche, la manifestation du 14 février unitaire et européenne pour mettre en échec la directive services, sont autant d’étapes qui se complètent pour construire le rapport de forces de haut niveau dont nous avons besoin pour gagner sur nos revendications.

Les fonctionnaires et agents publics ont toute leur place dans ce processus.
C’est aussi dans ce cadre que se situe résolument la journée du 2 février. Dans l’unité qui s’est forgée autour de la revendication salariale, elle sera l’occasion de réaffirmer nos exigences en matière salariale et de défense de l’emploi public pour le développement des missions de service public.

Tous ensemble ce jour là, faisons grève et participons aux manifestations.
Montreuil, le 26 janvier 2006
Pour l’Ile de France, la manifestation du 2 février ira de République à Opéra à partir de 14 H 30.

24 janvier 2006

Appel de la Fédération CGT Equipement Environnement pour le 24 janvier

Fédération CGT Equipement Environnement :

TOUS EN GREVE LE 24 JANVIER !

=> Pour peser plus lourd face à l’administration dans un contexte de convergence unitaire

=> Pour continuer au-delà et notamment le 31 avec toute la CGT

Le 24 janvier doit être un moment important à l’Equipement. Si nous ne sommes pas parvenus à un appel commun des 3 fédérations syndicales à l’Equipement, toutes appellent à l’action ce jour-là.

C’est pour s’appuyer pleinement sur cette convergence unitaire et au regard des enjeux actuels pour notre ministère et ses personnels que la Fédération et ses grandes composantes confirment leur appel à une journée de grève pour le 24 avec le maximum d’initiatives dans chaque département auprès des chefs de service, du Préfet, du PCG.

Au plan national, une délégation CGT se rendra le 24 au cabinet du ministre pour remettre les pétitions nationales que nous aurons collectées, d’où l’importance de faire signer celles-ci en grand et de les faire remonter en temps voulu à la Fédération (au plus tard le 20 janvier).

Entre temps, la CGT sera reçue par la Directrice Générale du Personnel et de l’Administration le 20 janvier dans le cadre de la « série de discussions avec les organisations syndicales au sujet des garanties nationales »’ annoncée par le Secrétaire Général, Patrick GANDIL, lors du dernier CTPM.

La Fédération a déposé un préavis de grève reconductible qui permet dans chaque service de décider des suites à donner sans rien exclure. Le 26 janvier, la CGT entend s’appuyer sur la mobilisation du 24 pour rappeler lors du CTPM convoqué ce jour-là, les exigences des personnels en matière de garanties nationales. Le 31 janvier, journée interprofessionnelle d’action à l’appel de la CGT , sera enfin un moment important pour affirmer les solidarités interprofessionnelles sur des questions comme les salaires, l’emploi, la protection sociale, les services publics, autant de thèmes à partir desquels se déclinent les préoccupations concrètes des personnels dans nos services.

Fédérations CGT de la FP : communiqué du 19 janvier 2006

Fédérations CGT de la Fonction publique

UGFF / Services publics / Santé et action sociale / PTT

Téléphones : ugff: 01 48 18 82 31 - Services Publics : 01 48 18 83 74
Santé : 01 48 18 20 70 – PTT : 01 48 18 54 00



Salaires : l’action indispensable


Une nouvelle fois, ce 19 janvier, le ministre a refusé d’engager un dialogue constructif. En dépit de l’opposition affirmée des organisations syndicales, il a persisté dans sa volonté de mesurer le pouvoir d’achat des fonctionnaires avec d’autres éléments que le point d’indice.

A la question de la CGT, il a par ailleurs clairement indiqué qu’il n’entendait pas procéder à une refonte globale de la grille indiciaire. Autrement dit, c’est une fin de non recevoir opposée aux revendications portées par les syndicats en matière salariale.

Devant cette attitude, la CGT, FO, la FSU et la CGC, qui représentent une large majorité des personnels de la Fonction publique, ont quitté cette séance de pseudo négociation, refusant toujours de cautionner une logique particulièrement néfaste.

La question des salaires demeure donc entière, tant sur le maintien du pouvoir d’achat pour l’année 2006, que sur le rattrapage des pertes intervenues entre 2000 et 2004.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’intervention des salariés s’avère indispensable.

La CGT réitère donc l’appel à une forte mobilisation, le 2 février, par la grève et les manifestations, comme indiqué dans la déclaration commune des cinq fédérations de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA) du 16 janvier.

Montreuil le 19 janvier - 18 heures

UGFF : communiqué du 18 janvier 2006

Union Générale des Fédérations de Fonctionnaires

Communiqué du 18 janvier 2006


Le 24 janvier, 31 janvier, 2 février, un processus d’action
pour les salaires, l’emploi et le service public

Face aux politiques mises en œuvre dans la fonction publique en matière de politique salariale, d’emploi et de service public, de nombreuses décisions d’action sont décidées avec des appels à la grève et aux manifestations.

Dès le 24 janvier, au ministère de l’Equipement, les fédérations syndicales appellent à une journée d’action, avec grève et manifestations, pour dénoncer le démembrement du service public, les transferts autoritaires de missions et de personnels, la fermeture de services de proximité et des suppressions massives d’emplois.

La CGT remettra ce jour, là une pétition nationale au ministre pour exiger un moratoire aux réformes en cours et un cadre national de garanties pour les agents et la pérennité du service public.

Par ailleurs, la CGT de l’ANPE et de l’assurance chômage appellent à la grève et à des rassemblements ce même jour. Elle dénonce les mesures toujours plus coercitives prise à l’encontre des chômeurs, les baisses d’effectifs et la mise en cause des missions des ANPE et des ASSEDIC.

L’UGFF-CGT soutient ces luttes qui s’inscrivent également dans la perspective des journées d’action des 31 janvier et 2 février.

Elle appelle les personnels à se réunir dans chaque service pour élargir la mobilisation et contraindre à l’ouverture de négociations à tous les niveaux.

Montreuil, le 18 janvier 2006

263, rue de Paris – case 542 – 93515 Montreuil cédex
Téléphone : 01.48.18.82.31 – Télécopie : 01.48.18.82.11
Courrier électronique : ugff@cgt.fr
Site internet : www.ugff.cgt.fr

Interview de Denis Lalys sur la grève du 24 janvier 2006

ANPE, CPE...

"Nous sommes pour un retour aux missions premières"
par Denis Lalys,responsable national de l'assurance-chômage pour la CGTà la fédération des organismes sociaux

Que reprochez-vous aux conditions de rapprochement entre les antennes Assedic et l'ANPE ? Et quelles sont vos propositions ?

Dans le rapprochement, il y a deux choses. Un rapprochement physique qui permet de simplifier le parcours du demandeur d'emploi. L'ANPE et l'assurance-chômage seront dans un même endroit avec des cabinets séparés. C'est une bonne chose, nous sommes pour. D'ailleurs c'est déjà le cas dans certaines villes.
Mais ce qui nous gêne c'est la confusion et le mélange des genres. A la base, l'assurance-chômage est liée à l'indemnisation des demandeurs d'emploi. C'était le cœur de notre métier. Actuellement on demande à l'assurance-chômage d'accompagner les chômeurs vers le retour à l'emploi. On met donc en concurrence le travail de l'ANPE et des Assedic. Avec la nouvelle convention, on va faire du reclassement et nous serons en concurrence avec les agents de l'ANPE qui font ça depuis 30 ans. Nous sommes pour un rapprochement physique de l'ANPE et des Assedic. Mais pour un retour aux missions premières.
C'est-à-dire que l'assurance-chômage doit indemniser l'ensemble des demandeurs d'emploi, y compris les primo-demandeurs d'emploi. Il faut remettre en place l'allocation d'insertion pour les jeunes qui entrent sur le marché du travail au lieu de leur proposer la précarité, avec des contrats comme le CPE. La proposition de la délégation de la CGT portait sur une accentuation des cotisations pour les employeurs abusant des contrats précaires. Cela permettrait un apport financier pour indemniser l'ensemble des demandeurs d'emploi. Ce que l'on souhaite, c'est un retour vers l'indemnisation telle qu'elle a été créée en 1958.

Que dénoncez-vous dans la nouvelle convention Unedic ?

On dénonce le dernier décret qui accentue le contrôle et les sanctions des demandeurs d'emploi. La nouvelle convention Unedic va dans la logique des conventions depuis 15 ans, c'est-à-dire vers une réduction des demandeurs d'emploi indemnisés. On nous parle d'une soi-disant égalité entre patrons et salariés. Mais alors que les cotisations patronales et salariales augmentent -et les salariés cotisent davantage puisqu'ils sont plus nombreux- la hausse des cotisations patronales est compensée par la baisse de l'assurance garantie des salariés (AGS). On dénonce également le tri sélectif selon lequel on classe les demandeurs d'emploi selon leur capacité à être reclassable, en fonction de la mobilité, etc. Mais il faut arrêter! Aujourd'hui on a entre 400.000 et 800.000 emplois disponibles pour 7 à 8 millions de chômeurs!

Pensez-vous que la mobilisation puisse faire bouger le gouvernement et notamment parvenir à faire retirer le CPE ?

La mobilisation est dans nos gênes à la CGT! Sans rapport de force, le patronat et le gouvernement ont les mains libres pour avancer.
Depuis quelques années, on négocie uniquement sur des textes apportés par le patronat. On a dévoyé le sens de la négociation collective.
Aujourd'hui, on est au début de la mobilisation. On a réussi, au sein de la CGT, à avoir une synergie entre les agents de l'ANPE, des Assedic, les intermittents, etc. Cela nous semblait être un premier pas important. Je reprends une phrase de Paul Edouard qui disait "Ils n'étaient que quelques uns et ils furent foule soudain". On est au début et on espère que ça se développera. C'est la première fois qu'on aura une telle mobilisation, avec les chômeurs, les Assedic, l'ANPE ensemble sur des revendications de fond.

Propos recueillis par Manuelle Tilly(le mardi 24 janvier 2006)
© Le Nouvel Observateur

ANPE : appel intersyndical Ile-de-France

Les organisations syndicales de l’ANPE
CGT IDF - SUD IDF – FO IDF - SNU IDF

NON AU CONTROLE SOCIAL

RETRAIT DU SUIVI MENSUEL


Nous, agents de l’ANPE refusons de voir dénaturer nos missions de service public répondant aux besoins des demandeurs d’emploi. En ce sens nous demandons le retrait du suivi mensuel personnalisé.

Nous, agents de l’ANPE refusons d’être les complices d’un système généralisé de contrôle des chômeurs, des précaires, des exclus, dont on sait que ce n’est pas la solution pour réduire le chômage. En effet, mis en place dans un contexte dégradé du marché du travail, son objectif, sous couvert de placement, est de faire accepter aux demandeurs d’emploi n’importe quel travail à n’importe quel prix et diminuer artificiellement les chiffres du chômage.

Nous, agents de l’ANPE dénonçons la segmentation et le « profilage » des chômeurs dont le but est, sous la coupe de l’UNEDIC, d’enfermer les demandeurs d’emploi dans des parcours, de normer les chômeurs et les agents.

Nous, agents de l’ANPE dénonçons également l’intensification des charges de travail et la dégradation des conditions d’exercice de nos missions de service public.

Nous, agents de l’ANPE dénonçons l’individualisation et le flicage de notre travail déguisé sous le vocable d’autonomie et qui n’est qu’un moyen de pression pour nous contraindre à nous plier aux objectifs de la Direction générale.


Nous, agents de l’ANPE appelons à la mobilisation pour le retrait du suivi mensuel en faisant

GREVE LE 24 JANVIER

Rassemblement prévu à 13h30 à l’angle du Boulevard des Invalides et de la rue de Grenelle (M° Varennes ou Invalide) pour soutenir la demande de rendez-vous qui a été faite au cabinet du Ministre.

Missions ASSEDIC et ANPE : déclaration commune

CGT ANPE , CGT Chômeurs, CGT Assurance Chômage :

NON A LA FUSION DES MISSIONS ASSEDIC ET ANPE !

MENACES POUR LES PERSONNELS, LES SERVICES ET LES CHOMEURS


La CGT Assurance Chômage et le syndicat national CGT ANPE, soutenus par la CGT Chômeurs, appellent l’ensemble des personnels à une journée de grève et de manifestation le mardi 24 janvier 2006. La nouvelle convention d’assurance chômage, dans son préambule, entérine la déclaration du bureau de l’UNEDIC du 6 octobre 2005 qui préconise un rapprochement à marche forcée entre les deux institutions. Rapprochement qui doit être effectif sous toutes ces formes : immobilier, informatique, missions… Le projet de quatrième contrat de progrès entre l’Etat et l’ANPE est orienté en ce sens.

Pendant que les directions de l’ANPE, des ASSEDICS et de l’UNEDIC baladent les représentants du personnel, les réformes se font sous couvert d’expérimentations, d’amélioration de la qualité, de modernisation, d’audit. Aucune consultation ni négociation réelle ne sont mises en œuvre. Par contre, le « flicage » et l’individualisation des agents est à l’ordre du jour, par le biais de contrat d’objectifs (soit disant collectif, mais pour lesquels le contrôle de la production individuelle à l’atteinte des objectifs sera prépondérant), d’autonomie et individualisation, de diverses procédures d’évaluation à tout moment …

Le suivi mensuel renforce cette logique de coercition tant pour les agents que pour les demandeurs d’emplois. Les portefeuilles de DE (variant entre 150 à 300), la volonté de supprimer les réceptions « sur flux », la déqualification accrue par le biais du profilage statistique, les sanctions renforcées contre les chômeurs liées aux décrets d’août et de décembre 2005 tout cela participe à l’encadrement normatif des interventions.

Les rencontres CGT Assedic et ANPE démontrent que le rapprochement loin d’être uniquement dans les textes conventionnels est déjà largement initié.
· Organisation de la réception du public identique
· Prise des RDV ANPE par l’Assedic
· Suppression de l’accueil immédiat ou spontané en site (transfert sur l’ATT et les bornes)
· Réception sur convocation (rendez-vous)
· Projet d’harmonisation des horaires d’ouverture
Le rapprochement des 2 réseaux opérationnels ASSEDIC et ANPE et la création d’un système d’information commun auront des conséquences sur tous, agents et demandeurs d’emplois. De plus la poursuite de la politique d’externalisation, et de sous-traitance augmentera cette tendance.

La CGT de l’Assurance chômage, la CGT Chômeurs et la CGT de l’ANPE refusent le système généralisé de contrôle des chômeurs, des précaires, des exclus, dont on sait que ce n’est pas la solution pour combattre le chômage. En effet, mis en place dans un contexte dégradé du marché du travail, son objectif, sous couvert de placement, est de faire accepter aux demandeurs d’emploi n’importe quel travail à n’importe quel prix et diminuer artificiellement les chiffres du chômage, et de tenter de transformer les agents des services en complices de ce système.

Une intensification des charges de travail et un changement de nature de l’intervention publique sont en route. Les moyens d’exercer les missions en fonction des besoins exprimés par les chômeurs et le respect de la dimension humaine qui doit exister dans les relations professionnelles, sont totalement déniés. Dans cette configuration, les situations d’agressivité voire d’agression risquent de se développer.

La CGT Assurance Chômage et la CGT de l’ANPE, soutenues par la CGT Chômeurs, appellent à la GREVE le 24 JANVIER 2006 POUR :
- Le maintien des emplois dans les organismes : arrêt des baisses d’effectifs aux ASSEDIC.
- Pour un VRAI Service Public de l’Emploi qui prend en compte les besoins des travailleurs privés d’emploi
- La révision de la convention tripartite Etat-ANPE-UNEDIC
- L’abrogation des textes régressifs et répressifs, lois, règlements et circulaires
- Le retour aux missions d’origines des ANPE / ASSEDIC

Des rassemblements sont prévus en province et à Paris (à 13h30 devant le ministère).
Une demande d’entrevue a été faite au ministre

24 janvier 2006 : appel à la grève à l'ANPE

La Fédération CGT des organismes sociaux et la CGT ANPE
appellent l’ensemble des personnels à une journée de
grève et de manifestations le 24 janvier 2006


Le projet de convention ETAT-ANPE-UNEDIC, les évolutions qu’il contient, sont d’une extrême gravité pour nos organismes respectifs et les missions qu’ils assument (ou devraient assumer), pour les travailleurs, notamment ceux privés d’emploi, et pour les agents et salariés de nos services.

Ce projet est directement issu de la loi dite de cohésion sociale, dont nous exigeons l’abrogation. Il est cadré par le décret du 2 août, concernant le suivi de la recherche d’emploi.

Coté protection sociale, après la réforme Fillon des retraites en 2003, après le plan Douste-Blazy sur la Sécurité sociale, c’est au tour de l’Assurance chômage d’être remise en cause dans ses fondements.
Jusqu’à présent, dans le dispositif de l’emploi, les missions étaient clairement définies : à l’ANPE, l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi, à l’Assurance Chômage, leur indemnisation et le recouvrement des cotisations, aux DDTE le contrôle de la recherche d’emploi.
Cela s’ajoute aux remises en cause des services publics, des conventions collectives, du droit constitutionnel à l’emploi, aux attaques en règle contre le code du travail (avec le Contrat Nouvelle Embauche), aux privatisations (SNCM, EDF-GDF, …). Toutes les « réformes » visent à réduire le coût du travail et à remettre en cause les conquêtes sociales des travailleurs.

Maisons de l’emploi, rapprochement géographique : pourquoi ?
Sous couvert, là aussi, de « plans de luttes pour l’emploi », les gouvernements successifs depuis plusieurs années ont développé les contrôles sur les chômeurs, y compris sous la forme de l’accroissement des sanctions et radiations, et tentent de les adapter à une logique strictement conforme aux intérêts du patronat, en particulier à l’échelon local. Ces orientations et les régressions qu’elles impliquent pèsent de manière particulièrement négative sur les personnels, au travers des consignes développées en interne, et dégradent les rapports avec les usagers, notamment les plus démunis, ainsi que les conditions de travail dans les services.

Nos organisations CGT combattent résolument la politique dite d’activation des dépenses passives (une partie du budget de l’UNEDIC est détournée de l’indemnisation pour contribuer au retour à l’emploi forcé des allocataires de l’assurance chômage) notion introduite par Martine Aubry dès 1992 et renforcée par l’Union Européenne en 1999, « Stratégie de Lisbonne », dont découlent les lignes directrices de la politique de l’emploi. A ce titre, l’orientation gouvernementale et patronale, vise à dégrader les principes du régime d’assurance chômage alimenté par les cotisations des travailleurs, en exonérant les entreprises de leur responsabilité dans le chômage et la précarité croissante, en augmentant les contraintes sur les chômeurs (y compris sous couvert d’accompagnement personnalisé), en dégradant l’indemnisation (2003).

De même, nos organisations combattent résolument le changement de nature qui se produit au niveau du service public de l’emploi.
Nous estimons que les chômeurs ont tout à craindre des rapprochements dans les futures maisons de l’emploi (Assedic/ANPE/Entreprises de travail temporaire/cabinets de recrutements…) et le rôle accru des intérêts privés dans la détermination des missions.

Nous tenons à dénoncer la campagne honteuse qui se développe, visant à rendre les chômeurs responsables de leur situation, et à les orienter prioritairement vers les dits métiers en tension, en fait vers des branches ou entreprises aux conditions de salaires et de travail les plus défavorables – et ce, alors que les plans de licenciement se multiplient !

Les travailleurs privés d’emploi ne sont pas responsables de leur chômage ou des 14 milliards de déficit annoncés par l’Unedic.
…/…Les responsables sont au Medef, au gouvernement et à Bruxelles.
La politique de formation est elle aussi dévoyée dans ce sens : elle restreint considérablement les possibilités pour les salariés et les chômeurs de choisir leur qualification et leur emploi et vise à faire jouer à l’AFPA un rôle de stricte adaptation.

Globalement, nous rejetons les choix politiques internes et l’organisation des services, en phase avec les objectifs et processus de démantèlement, d’externalisation, de privatisation, y compris sur les questions informatiques, dont on sait qu’elles sont particulièrement déterminantes et structurantes (en particulier avec la mise en place d’un Dossier Unique du Demandeur d’Emploi.).

La volonté délibérée et coordonnée des directions vise à superposer nos missions.
Elle vise à brouiller les frontières entre nos organismes (par exemple, l’ASSEDIC serait chargée à l’inscription de « profiler » le chômeur au regard des risques de chômage de longue durée), mais aussi, par les insuffisances d’effectifs, de dégrader considérablement le service rendu.

Il apparaît clairement que l’on se dirige vers la réduction drastique, voire la suppression, de l’accueil des usagers à leur propre demande : dans les antennes ASSEDIC, en renvoyant à l’utilisation du courrier papier ou électronique, dans les Agences Locales pour l’Emploi, en axant avant tout sur les plans de convocations des chômeurs, par populations ciblées ou dans le projet de suivi mensuel, et en renvoyant vers les Services à distance, avec la volonté de supprimer le flux, ceux que l’on refuse de recevoir.
Proposer un panel le plus large possible de modes de contact y compris en utilisant les moyens technologiques les plus récents, soit.
Mais il doit bien s’agir de laisser le choix à l’usager et non de lui imposer un comportement au nom d’une prétendue modernité, d’une « qualité » stéréotypée et de réponses préétablies. Drôle de concept que cette « qualité » où c’est le « client » qui doit adapter ses demandes et ses attentes à l’organisation et aux besoins des services et non le contraire.

La multiplication des convocations, associée au renvoi systématique vers les outils télématiques, dans un contexte de contrôle accru sans proposition sérieuse de solutions correspondant à l’attente de nos publics, génère de l’agressivité envers les agents de nos institutions.
Il est de la responsabilité des dirigeants de nos structures de veiller à la sécurité des personnels. Aussi doivent-ils revenir en arrière sur la mise en place de cette machine à exclure et à rejeter. Ils doivent nous donner les moyens d’exercer nos missions en fonction des besoins exprimés par les publics qui dépendent de nos services et nous permettre de respecter la dimension humaine que comporte notre relation professionnelle avec les usagers.


Les organisations CGT de l’Assurance chômage et la CGT ANPE revendiquent la pérennité des deux institutions, qui doivent être rétablies dans les missions qu’attendent les travailleurs privés d’emploi, pour les indemniser et les aider à sortir définitivement du chômage.

Nous ne voulons pas devenir un outil à la disposition du patronat pour contrôler et sanctionner les demandeurs d’emploi, tout en généralisant la précarité.


La fédération CGT des organismes sociaux et la CGT ANPE appellent l’ensemble de leurs adhérents et de leurs organisations à préparer activement cette mobilisation, par tous les moyens nécessaires : tracts, réunions communes, assemblées générales…


Tous en grève le 24 janvier 2006

Participons nombreux aux manifestations qui seront organisées ce jour là !